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Phytothérapie et Naturopatie
Présentation

tiré du site

http://www.passeportsante.net/fr/Therapies/Guide/Fiche.aspx?doc=phytotherapie_th

Le mot phytothérapie provient de deux mots grecs qui signifient essentiellement « soigner avec les plantes ». Il s'agit d'une pratique millénaire basée sur un savoir empirique qui s'est transmis et enrichi au fil d'innombrables générations. Aujourd'hui, la phytothérapie s'appuie à la fois sur cette sagesse traditionnelle et sur les découvertes de la médecine moderne. La rencontre relativement récente de ces deux mondes et le peu de normes qui régissent le domaine font en sorte que la pratique et la formation sont encore très disparates.

Dans le domaine du soin par les plantes, on remarque deux tendances majeures. Certains intervenants mettent surtout l'accent sur les connaissances empiriques des plantes et sur leurs effets reconnus depuis la nuit des temps. Préconisant une approche holistique, ils s'intéressent aux effets de la plante dans sa globalité, sur tout l'individu. D'autres se basent davantage sur les connaissances biochimiques et se préoccupent plutôt des symptômes des maladies et de l'action des principes actifs des plantes.

L'herboristerie est plutôt associée à l'école empirique et la phytothérapie à l'école scientifique, mais cette distinction tend à s'amenuiser, tradition et chimie profitant de plus en plus l'une de l'autre. D'autre part, les herboristes s'occupent souvent de la préparation, du mélange et de la transformation (concentrés, huiles, élixirs, onguents, etc.) des plantes et de leur culture, ce que font rarement les phytothérapeutes.

Deux mots d'histoire L'utilisation des plantes médicinales est encore aujourd'hui la forme de médecine la plus répandue à travers le monde. Cependant, vers la fin du XIXe siècle, elle a connu un rapide déclin en Occident avec l'avènement de la médecine scientifique et l'apparition des médicaments modernes (aspirine, antibiotiques, cortisone, etc.).

Toutefois, depuis les années 1970, entre autres à cause des effets indésirables des médicaments de synthèse, les gens se tournent de nouveau vers les plantes médicinales. Leur popularité grandissante a amené les scientifiques à entreprendre de nouvelles recherches. Par exemple, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et la Communauté européenne ont créé des organismes visant à recenser les usages traditionnels des plantes médicinales, à les valider sur le plan scientifique et à mieux comprendre leurs mécanismes sous-jacents. Rappelons également que le mouvement de la médecine éclectique1 au XIXe siècle et jusqu’au milieu du XXe siècle avait accompli aux États-Unis un important travail en ce sens avant d'être balayé par le vent du modernisme.

Applications thérapeutiques

Efficace ou folklorique

Il est absolument indéniable que les plantes ont des effets curatifs et préventifs pour d'innombrables maladies et affections. Il suffit de consulter les monographies de plantes et de suppléments sur PasseportSanté.net pour s'en convaincre. Chacune présente de nombreuses recherches scientifiques démontrant les propriétés de la plante étudiée.

Cependant, la recherche et le développement en phytothérapie sont fortement handicapés comparativement à l'industrie pharmaceutique. En effet, il est très difficile de financer, à coup de millions, des recherches qui démontreraient, par exemple, l'efficacité de la racine de pissenlit pour soigner le foie, sachant qu'on ne pourra jamais breveter le pissenlit afin de rentabiliser son investissement.

De plus, en phytothérapie, et encore plus en herboristerie traditionnelle, la synergie entre les différents composants et principes actifs de la plante est primordiale. Malheureusement, les méthodes de recherche actuellement reconnues sont basées sur l'isolement d'un seul élément à la fois pour tenter de connaître son effet particulier.

Toutefois, on développe maintenant de nouveaux protocoles de recherche rigoureux qui respectent les particularités des plantes (synergie, prise en compte des éléments traces, action vibratoire, etc.). Par exemple, on songe à étudier les réponses physiologiques à des traitements par les plantes (stimulation de la circulation sanguine, expectoration, effets diurétiques, influence sur la digestion, etc.) plutôt que d'évaluer statistiquement leurs effets sur la morbidité2.

Avantages et inconvénients

Généralement, les plantes médicinales d'usage courant ne provoquent que très peu, voire aucun effet indésirable : c'est là l'un de leurs principaux avantages. De plus, l’action synergique des divers constituants commence à être mieux comprise et acceptée scientifiquement3. Enfin, contrairement à certaines croyances populaires, plusieurs plantes ont des effets pratiquement immédiats sur le métabolisme2.

Par contre, les médicaments de synthèse ont souvent une action plus directe et plus spectaculaire puisqu'ils sont formulés pour être immédiatement assimilés par l'organisme. Il est également plus facile de s'assurer de leur composition exacte, de leur qualité et de leurs conditions de conservation.

Contre-indications Tout ce qui est « naturel » n'est pas inoffensif. Certaines plantes sont tout bonnement toxiques et d'autres peuvent être nocives en interaction avec d'autres plantes, des médicaments ou des suppléments. La plupart des monographies des plantes médicinales de PasseportSanté.net indiquent les interactions nuisibles potentielles pour chacune.

En pratique

Choisir un intervenant

Les phytothérapeutes et les herboristes pratiquent généralement en cabinet privé, dans des centres de santé, dans des magasins de produits naturels - parfois, uniquement à titre de conseiller - et dans des cliniques rattachées aux écoles de formation. Une séance comprend généralement un bilan de la santé et des habitudes de vie, puis une analyse des symptômes de l'affection. La prescription des plantes (cultivées par l'intervenant ou de source commerciale) constitue une grande part du traitement, mais il arrive aussi que le thérapeute recommande par exemple un changement dans la diète ou la pratique d'exercices physiques ou de relaxation. Les consultations durent généralement de 45 minutes à une heure et demie.

Au Québec, l'Association québécoise des phytothérapeutes4 regroupe les phytothérapeutes qui ont reçu une formation satisfaisant ses normes. En ce qui concerne les herboristes, la Guilde des herboristes du Québec5 a commencé à l’automne 2006 le processus d’accréditation des premiers « herboristes-thérapeutes ». Pour porter ce titre, ils doivent présenter un portfolio faisant état de leur expérience, réussir un examen et passer une entrevue. La liste des herboristes-thérapeutes accrédités est accessible sur le site de la Guilde, dans la section Ressources.

Mentionnons également que des ateliers portant sur divers thèmes reliés aux soins par les plantes ainsi que des sorties d'identification des plantes sont souvent offerts par les écoles d'herboristerie.

Choisir un produit

En l'absence de normes uniformes et étant donné la prolifération des produits, il n'est pas facile de faire un choix éclairé. Une des bonnes façons de s'assurer de la qualité est de choisir une préparation contenant un certain pourcentage d'extraits standardisés; cela garantit une teneur précise d'un ou de plusieurs composés actifs de la plante. Pour plus de détails, consulter notre document de référence Comment lire une étiquette. Privilégier également les produits dont l'étiquette mentionne qu'ils ont été fabriqués selon les bonnes pratiques de fabrication (BPF) et vérifier la date de péremption.

Formation

Au Québec, la formation en phytothérapie accréditée par l'Association québécoise des phytothérapeutes4 comporte un programme de 1 000 heures, réparties entre la théorie et la pratique.

Aucun profil de formation en herboristerie n'est encore reconnu officiellement, mais la Guilde des herboristes du Québec5 y travaille. Entre-temps, chaque école développe son propre programme selon les compétences de l'équipe de professeurs en place. On trouve actuellement des programmes d'une durée d'un à trois ans.

En Ontario et en Colombie-Britannique, la formation en herboristerie est réglementée. En Ontario, les normes de base sont de 750 heures théoriques et 150 heures de stages supervisés. Selon le niveau d'expertise souhaité, plusieurs écoles ontariennes offrent des programmes de 300 à 1 350 heures échelonnées sur un à trois ans.

Aux États-Unis, le programme de base approuvé par l'American Herbalists Guild7 totalise 1 600 heures, soit 1 200 heures de théorie et 400 heures de pratique.

La formation la plus élaborée se donne en Europe. Au Royaume-Uni, le programme approuvé par le National Institute of Medical Herbalists8 implique quatre années d'étude à temps plein - soit environ 2 000 heures théoriques et 450 heures pratiques. D'autres programmes, établis selon les normes de la European Herbal Practitioners Association9, exigent cinq années d'études, soit 2 110 heures théoriques et 450 heures pratiques.

En France, le diplôme de praticien en herboristerie est supprimé depuis 1941. L'Association pour le renouveau de l'herboristerie10 travaille depuis 1982 à la mise sur pied d'un programme menant au titre de phytologue-herboriste. Actuellement, une formation en herboristerie est offerte à distance. Finalement, rappelons qu'en Allemagne, la phytothérapie fait partie intégrante du programme de formation des médecins.

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